Étude de cas : un chirurgien-dentiste face à une grande banque privée

Par Nissim Assaraf, co-fondateur de Bethel Capital

Publié le

Un chirurgien-dentiste a comparé la proposition d'une grande banque privée et celle de Bethel Capital pour placer 1,2 M€ et mobiliser un crédit Lombard. Les deux offres, ligne à ligne, et ce qui l'a décidé.

Réponse rapide

Un chirurgien-dentiste disposant de 1,2 M€ dans sa holding a reçu deux propositions : celle d'une grande banque privée française et celle de Bethel Capital. Les deux reposaient sur un crédit Lombard, mais pas sur la même enveloppe : un compte-titres côté banque, un contrat de capitalisation luxembourgeois côté Bethel Capital, fiscalement bien plus adapté à une société à l'IS. La banque était moins chère (frais et taux). Bethel Capital a obtenu un financement plus élevé (840 000 € contre 700 000 €) et, surtout, accordé au client à titre personnel, alors que la banque le logeait dans la holding. Le client a choisi Bethel Capital, en connaissance de cause, pour cette structuration, validée par écrit par un avocat fiscaliste, et pour un conseil plus personnalisé.

1. Le profil

Notre client est chirurgien-dentiste en Île-de-France. Il dirige deux centres dentaires et exerce au travers d'une SELARL. Il détient par ailleurs une holding patrimoniale qui dispose d'environ 1,2 M€ nets, issus de la cession d'une activité, ainsi qu'un patrimoine immobilier personnel important, dont les murs de son cabinet.

Avant de nous consulter, son épargne financière était peu structurée :

2. L'enjeu

Le client voulait faire travailler les 1,2 M€ de sa holding et disposer de liquidités à titre personnel pour investir, sans distribuer de dividendes. Une distribution lui aurait coûté 31,4 % de flat tax en 2026, et la trésorerie serait sortie définitivement de sa structure.

3. Les deux propositions, ligne à ligne

La structuration

CritèreGrande banque privéeBethel Capital
EnveloppeCompte-titres de 1,2 M€ au nom de la holdingContrat de capitalisation luxembourgeois de 1,2 M€ au nom de la holding
Fiscalité de l'enveloppeRevenus et plus-values imposés à l'IS au fil de l'eau ; selon la nature des fonds, imposition annuelle de leur variation de valeurImposition annuelle forfaitaire sur 105 % du TME (article 238 septies E du CGI), avec régularisation au rachat
Protection des avoirsTriangle de sécurité luxembourgeois et super-privilège des souscripteurs
Crédit Lombard700 000 € (58 % du compte-titres)840 000 € (70 % du contrat), mobilisés en totalité
EmprunteurLa holdingLe client, à titre personnel
Usage du créditRéinvesti dans le compte-titres de la holdingInvesti dans le patrimoine personnel du client
Taux du créditEuribor + 0,70 %Euribor + 1,25 %
Frais0,30 % par an + 0,10 % par arbitrage, plus les frais internes des fonds (non communiqués, déjà déduits des performances indiquées)1 % à l'entrée + 1 % par an + 0,8 % par an de gestion par la banque partenaire (ces 0,8 % sont déjà déduits des performances de ses stratégies)
Validation juridiqueNon mentionnéeConsultation écrite d'un avocat fiscaliste, qui engage sa responsabilité
Banque prêteuseLa banque elle-mêmeNotre banque privée suisse partenaire

L'allocation, placement par placement

Chaque chiffre ci-dessous est de nature différente : performance passée, coupon ou rendement visé. Nous l'indiquons à chaque ligne. Aucun n'est garanti.

Proposition de la grande banque privée (compte-titres de 1,2 M€ + crédit de 700 000 €)

PlacementMontantRendement indiquéProtection du capital
Fonds monétaire200 000 €2,5 % (rendement actuel)Faible risque
Fonds diversifié de la maison400 000 €8 % en 2025 (performance passée sur un an, nette de frais ; historique long non communiqué)Non
Fonds obligataire à échéance 2030300 000 €4 % (rendement visé à l'échéance)Non garanti
Produit structuré, secteur du luxe100 000 €9 % (coupon)Aucune (reverse convertible)
Produit structuré, secteur de la défense100 000 €9 % (coupon)Aucune (reverse convertible)
Or physique et mines d'or100 000 €3 %Non
Crédit Lombard : 5 produits structurés sectoriels (industrie, technologie, semi-conducteurs, services financiers, santé)700 000 €11,65 % (coupons)Aucune (reverse convertibles)

Proposition de Bethel Capital (contrat de capitalisation de 1,2 M€ + crédit de 840 000 €)

PlacementMontantRendement indiquéProtection du capital
Stratégie obligataire de la banque partenaire540 000 €3 % par an en moyenne sur 10 ans (performance passée, nette de frais)Non garanti
Stratégie actions de la banque partenaire360 000 €11 % par an en moyenne sur 10 ans, 23 % en 2025 (performances passées, nettes de frais)Non
Produit structuré sur un panier de 10 valeurs du Nasdaq (dont Alphabet/Google, Meta, Nvidia, Microsoft), 10 ans, rappel anticipé possible (barrière de rappel dégressive de 1 % par trimestre à partir de la 5e année)300 000 €16,8 % par an (coupon, sans barrière de coupon)Protégé jusqu'à une baisse de 60 % du sous-jacent
Crédit Lombard : produit structuré dédié sur taux (CMS), 12 ans, rappel anticipé si le CMS est inférieur ou égal à 2,75 %252 000 €8,80 % par an (coupon versé si le CMS est inférieur à 3,55 %)Capital garanti à 100 % à l'échéance, sous réserve du risque de défaut de l'émetteur
Crédit Lombard : fonds de private equity252 000 €10 % par an (rendement visé, fondé sur l'historique du gérant)Non, capital bloqué plusieurs années
Crédit Lombard : club deal immobilier (rénovation d'un chalet à Courchevel 1850)336 000 €15 % à 2 ans, 20 % à 3 ans (objectif), 25 % au-delà (rendement visé)Non, capital bloqué jusqu'à la revente

Ce que montrent les chiffres

Lecture honnête : la banque était moins chère, d'environ 1,5 point de frais par an et de 0,55 point de marge sur le crédit. La proposition de Bethel Capital apporte en revanche trois avantages structurels : 140 000 € de financement en plus, un levier placé dans le patrimoine personnel du client, et une enveloppe (le contrat de capitalisation) dont l'imposition forfaitaire est sans commune mesure avec celle d'un compte-titres détenu par une société à l'IS. Sur la durée, cet écart fiscal peut compenser une part importante de l'écart de frais, selon les performances obtenues. Le levier est en outre diversifié vers des actifs non cotés (private equity, immobilier), au potentiel plus élevé mais à la liquidité plus faible.

4. La décision, et pourquoi

Le client a choisi Bethel Capital malgré des frais plus élevés, pour quatre raisons qu'il nous a lui-même données :

  1. Le crédit Lombard à titre personnel. Les liquidités arrivent dans son patrimoine privé, sans dividende, au lieu de rester dans la holding. C'était précisément ce qu'il cherchait.
  2. La spécialisation sur les professions libérales de santé, et en particulier sur la gestion de la trésorerie de leurs sociétés.
  3. Un cabinet à taille humaine, capable d'adapter la solution à sa situation précise plutôt que de proposer une offre standard.
  4. Des produits structurés conçus sur mesure et protégés : capital garanti à l'échéance pour l'un, protection jusqu'à une baisse de 60 % pour l'autre, quand les produits proposés par la banque n'offraient aucune protection du capital.

5. Le résultat

Le risque, en clair : avec 70 % du contrat mobilisés, la banque partenaire estime qu'une baisse d'environ 11 % de la valeur du contrat, compte tenu de son allocation, déclencherait un appel de marge. Ce risque a été présenté au client, qui l'a accepté. Le crédit est à taux variable, et une partie des sommes empruntées est investie dans des actifs peu liquides (private equity, club deal), à horizon long.

6. Ce que ce cas enseigne

7. Questions fréquentes

Ce montage est-il légal et sécurisé ?

Oui. Chaque montage est validé par une consultation écrite d'un avocat fiscaliste partenaire, qui engage sa responsabilité sur le dossier. Les actifs du contrat luxembourgeois bénéficient en outre du triangle de sécurité et du super-privilège des souscripteurs.

Comment un cabinet indépendant accède-t-il à des conditions de banque privée ?

Bethel Capital n'appartient à aucun groupe bancaire. Nous avons consacré plus d'un an à sélectionner nos partenaires, dont une banque privée suisse, et nous mettons les établissements en concurrence pour chaque dossier.

Pourquoi les produits structurés diffèrent-ils d'un établissement à l'autre ?

Une banque propose en général les produits de sa propre gamme. Un cabinet indépendant peut interroger plusieurs émetteurs et faire construire un produit sur mesure. À coupon comparable, le niveau de protection du capital peut varier du tout au tout : c'est le premier critère à regarder.

Pourquoi accepter des frais plus élevés ?

Parce que la comparaison doit porter sur l'ensemble : montant mobilisé, structuration, accompagnement. Dans ce dossier, le client a jugé que 140 000 € de financement supplémentaire accordés à titre personnel, une enveloppe fiscalement adaptée à sa holding et une validation juridique écrite justifiaient l'écart.

Que faire de la trésorerie dormante d'une SELARL ?

La sortir coûte cher (flat tax de 31,4 % et, pour un gérant majoritaire, cotisations sociales sur la part des dividendes dépassant 10 % du capital), et la SELARL ne peut pas garantir un emprunt personnel de ses associés. Elle peut en revanche être placée de façon accessoire dans la société, en accord avec l'expert-comptable. Voir notre page dédiée aux chirurgiens-dentistes.