La vraie nuance entre indépendance MIF 2 et indépendance capitalistique. Et le calcul économique que personne ne fait : honoraires vs rétrocommissions sur 10 ans.
Réponse rapide
Le terme « indépendant » recouvre deux réalités juridiquement et économiquement différentes. L'indépendance MIF 2 (article 24(7)(b) MiFID II) impose le modèle honoraires-only sans rétrocommissions. L'indépendance capitalistique signifie simplement que le cabinet n'est pas détenu par un grand groupe. Le modèle MIF 2 n'est pas mécaniquement plus rentable : sur 10 ans, un cabinet en rétrocommissions transparentes peut être économiquement équivalent voire moins cher. La vraie question : transparent ou opaque, pas indépendant ou pas.
Par Nissim Assaraf, cofondateur de Bethel Capital. Le calcul économique qui démystifie le débat « indépendant ou pas ».
La directive européenne MiFID II, entrée en application en janvier 2018, encadre l'activité des prestataires de services d'investissement en Europe. Elle a introduit une distinction stricte entre conseil indépendant (article 24(7)(b)) et conseil non-indépendant. L'article 24(7)(b) précise les trois conditions cumulatives :
La condition 2 est la plus structurante : un cabinet « indépendant » au sens MiFID II ne peut pas percevoir de rétrocommissions. Il se rémunère exclusivement par honoraires facturés directement au client.
Référence : Directive MiFID II — Article 24(7)(b) — EUR-Lex .
Le modèle MIF 2 en France représente moins de 5 % des cabinets de gestion de patrimoine.
Un cabinet est indépendant capitalistiquement quand son capital est détenu par ses fondateurs ou dirigeants opérationnels, sans participation significative d'un grand groupe bancaire, assureur ou société de gestion. Il choisit ses partenaires selon son jugement éditorial indépendant.
C'est un abus de langage très répandu en France. Beaucoup de cabinets utilisent « indépendant » en pensant à l'indépendance capitalistique, sans préciser qu'ils ne sont pas indépendants au sens MIF 2. Les médias patrimoniaux grand public utilisent « indépendant » comme antonyme de « salarié d'une banque ». L'AMF n'a pas activement sanctionné cet usage tant que les obligations de transparence MIF 2 sont respectées. Référence : AMF — Position-recommandation DOC-2013-10 sur le conseil en investissements financiers .
La conséquence : le client moyen entend « indépendant » et comprend « honoraires only et sans biais ». Il ne réalise pas que le cabinet perçoit en réalité 0,5 % à 1 %/an de rétrocommissions. C'est cette opacité linguistique qui est problématique — pas le modèle économique en lui-même.
Constat surprenant : sur le coût annuel total, le modèle rétrocommissions n'est PAS structurellement plus cher. Dans certaines configurations, il est même moins cher. La différence est dans la forme du paiement, pas nécessairement dans le montant total.
Hypothèses : 1 000 000 € sous conseil, 40 % AV LU + 40 % OPCVM diversifiés + 20 % cash, performance brute moyenne 5 %/an, 10 ans.
+41 000 € en faveur du modèle rétrocommissions transparentes. Sensibilité : avec 0,8 % d'honoraires MIF 2, écart +18 K€. Avec 1,2 %, écart +66 K€. Sur ce profil, le modèle rétrocommissions transparentes est systématiquement plus rentable.
Hypothèses : 3 M€ sous conseil, 50 % AV LU FAS/FID + 30 % portefeuille structuré + 20 % cash, 6 %/an, 15 ans.
Différentiel : +83 000 € en faveur du modèle rétrocommissions transparentes. Avec un cabinet MIF 2 qui pratique des tarifs dégressifs, l'écart se resserre mais reste favorable.
Le débat « indépendant MIF 2 vs rétrocommissions » est mal posé. La vraie question n'est pas le modèle économique mais la transparence.
Un cabinet qui assume être en rétrocommissions, documente les niveaux par produit, compare ces rétrocommissions à la valeur ajoutée délivrée et accepte d'être challengé est un cabinet éthique et économiquement performant pour son client.
Un cabinet qui se présente comme « indépendant » sans préciser, évite la discussion sur les rétrocommissions et ne documente pas spontanément ses revenus joue avec le risque de communication trompeuse ou de manquement aux obligations MIF 2 de transparence (cf. Code monétaire et financier — Article L541-1 et suivants ).
Pour analyser votre situation patrimoniale avec un cabinet transparent sur son modèle économique : prendre rendez-vous. Côté allocation : notre classement AV luxembourgeoise 2026 et notre comparatif crédit Lombard 2026 .
L'indépendance des cabinets recouvre deux réalités distinctes : indépendance MIF 2 (honoraires-only, aucune rétrocommission) et indépendance capitalistique (non-adossement à un grand groupe, perception de rétrocommissions). Contrairement à une idée reçue, le modèle MIF 2 n'est PAS mécaniquement plus rentable : sur 10 ans, un cabinet en rétrocommissions transparentes peut générer +40 à +80 K€ de plus pour un patrimoine 1 M€-3 M€.
La vraie question n'est pas « indépendant ou pas » mais « transparent ou opaque ». Chez Bethel Capital, nous assumons publiquement notre statut : indépendants capitalistiquement, pas au sens MIF 2, transparents sur les rétrocommissions, mise en concurrence systématique.
Sources : Directive MiFID II — EUR-Lex , AMF — DOC-2013-10, Code monétaire et financier — L541-1 et suivants , ANACOFI-CIF — Association professionnelle CIF .
Nous sommes indépendants capitalistiquement (non adossés à un grand groupe), mais pas au sens MIF 2 (nous percevons des rétrocommissions). Nous assumons cette distinction comme un engagement déontologique de transparence.
Pour deux raisons : (1) rentabilité client : sur la majorité des configurations patrimoniales 500 K€ - 5 M€, le modèle rétrocommissions transparentes est plus rentable pour le client ; (2) accessibilité : le modèle MIF 2 est structurellement réservé aux patrimoines très importants (> 1 M€). Notre ICP commence à 250 K€.
Posez 3 questions au premier RDV : (1) Êtes-vous indépendant au sens MIF 2 ou indépendant capitalistiquement ? (2) Quel est le montant exact des rétrocommissions que vous percevez sur ma situation ? (3) Comment ces rétrocommissions varient-elles entre vos partenaires, et pourquoi recommandez-vous l'un plutôt qu'un autre ? Un cabinet vraiment transparent répondra clairement aux 3 questions.
Potentiellement, oui — si les rétrocommissions sont disparates entre partenaires. C'est pourquoi la mise en concurrence systématique et la transparence sont essentielles. Chez Bethel, nous documentons spontanément les écarts de rétrocommissions et justifions chaque choix éditorial.
Assurance-vie (française et luxembourgeoise) : 1 à 3 % à l'entrée + 0,2 à 0,4 % par an. Contrat de capitalisation société : 0,5 à 1,5 % à l'entrée + 0,2 à 0,4 % par an. Ces fourchettes sont publiques et négociables, documentées explicitement dans la lettre de mission CIF.
Non. Le modèle MIF 2 garantit l'absence formelle de biais commercial par construction. Mais il ne garantit pas la qualité du conseil ni la valeur ajoutée délivrée. Un cabinet en rétrocommissions transparentes avec mise en concurrence systématique peut être plus éthique et plus performant qu'un cabinet MIF 2 paresseux.
À ce jour, pas activement. L'AMF concentre ses contrôles sur le respect des obligations de transparence MIF 2 (divulgation des rétrocommissions sur demande) plutôt que sur l'usage du terme « indépendant » dans la communication commerciale.
C'est techniquement possible mais structurellement peu probable. Le modèle honoraires-only nécessiterait de revoir entièrement notre proposition de valeur, notre ticket d'entrée (probablement 1 M€+ uniquement), et notre modèle économique. Nous préférons assumer la transparence dans le cadre du modèle CGP français classique, qui correspond mieux à notre cible 250 K€ - 5 M€.