Souscrire tous ses produits structurés au même moment concentre le risque de timing. Comment construire un échéancier étalé dans le temps pour lisser les points d'entrée.
Par Nissim Assaraf, cofondateur de Bethel Capital.
Avertissement AMF. Les produits structurés présentent un risque de perte en capital, un risque de contrepartie lié à l'émetteur et un risque de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article est pédagogique et ne constitue ni une recommandation personnalisée, ni une sollicitation.
Réponse rapide
Souscrire l'intégralité de sa poche de produits structurés le même jour, sur la même échéance et le même sous-jacent, c'est faire un pari unique. Or le niveau d'entrée conditionne tout : c'est lui qui fixe la référence à partir de laquelle se calculent les barrières.
La parade est simple : échelonner. Trois bénéfices concrets : moins de dépendance à un seul timing, une liquidité progressive, et la possibilité de réinvestir au fil de l'eau.
Sur un produit structuré, le sert de référence à tout le reste : la barrière de protection du capital, la barrière de coupon, et les seuils de remboursement anticipé.
Souscrire sur un point haut fixe une référence haute, et donc être plus exposé au risque de franchir la barrière. À l'inverse, souscrire après une correction fixe une référence plus basse. D'où l'intérêt de ne pas tout jouer sur une seule date.
Échelonner consiste à répartir les souscriptions dans le temps et à décaler les maturités. Le résultat est un échéancier. La poche devient un flux plutôt qu'un bloc. Voir aussi quelle place pour les structurés dans une allocation.
L'échelonnement gagne à être combiné avec :
Une particularité des formules autocallables (Autocall / Phoenix / Athéna) complique un peu l'exercice : un produit peut être remboursé par anticipation. Votre échéancier théorique peut donc se contracter brutalement.
Un rappel n'est pas une mauvaise nouvelle, mais il vous replace en position de réinvestir, parfois dans des conditions moins favorables. Il faut anticiper le réemploi.
Mauvaise pratique. Tout souscrire le même mois, sur le même indice, chez le même émetteur, avec la même maturité.
Bonne pratique. Fractionner en plusieurs tranches souscrites à intervalles réguliers sur environ deux ans, chez des émetteurs différents, sur des sous-jacents variés, avec des maturités décalées.
Résultat. Des points d'entrée lissés, un échéancier de remboursements réguliers. Le tout logé en AV luxembourgeoise.
Illustration ; la construction dépend de votre situation.
Parce que le niveau du sous-jacent au moment de la souscription sert de référence à toutes les barrières du produit. Tout souscrire le même jour revient à faire un pari unique sur ce niveau. En répartissant les souscriptions dans le temps, on lisse les points d'entrée, on diversifie les configurations de marché et on crée un échéancier de remboursements réguliers.
En fractionnant la poche en plusieurs tranches souscrites à intervalles réguliers (par exemple trimestriels ou semestriels), sur des maturités décalées, chez des émetteurs différents et avec des sous-jacents variés. L'objectif est d'obtenir un flux de remboursements plutôt qu'un dénouement unique.
C'est le risque lié au niveau de marché au moment de la constatation initiale : souscrire sur un point haut fixe une référence haute, donc une barrière plus facilement franchissable. Souscrire après une correction fixe une référence plus basse, mécaniquement plus protectrice. L'échelonnement réduit cette dépendance.
Oui sur le principe : vous récupérez votre capital et les coupons acquis. Mais il vous replace en position de devoir réinvestir, parfois dans des conditions moins favorables (marchés hauts, coupons plus faibles). Et il peut contracter votre échéancier si plusieurs produits sont rappelés simultanément. Le réemploi doit donc être anticipé.
Il n'y a pas de nombre idéal : ce qui compte est le croisement des axes de diversification (dates de souscription, émetteurs, sous-jacents, échéances), pas le nombre de lignes. Cinq produits identiques ne diversifient rien ; trois produits bien différenciés valent mieux.
Non. Il réduit la dépendance à un point d'entrée unique et améliore la liquidité de la poche, mais il ne supprime ni le risque de perte en capital, ni le risque de contrepartie de l'émetteur, ni l'immobilisation jusqu'à l'échéance. Il rend simplement la poche plus robuste.