Pour obtenir des liquidités sans racheter son assurance-vie, deux voies : l'avance de l'assureur ou le crédit Lombard bancaire. Plafonds, durée, taux et souplesse comparés.
Par Nissim Assaraf, cofondateur de Bethel Capital.
Réponse rapide
Vous avez besoin de liquidités mais ne voulez pas racheter votre assurance-vie — pour ne pas déclencher la fiscalité du rachat ni interrompre la capitalisation. Deux solutions existent, et on les confond souvent.
L'avance sur contrat est consentie par l'assureur lui-même : il vous avance des fonds, le contrat restant intact et continuant de produire ses performances. C'est simple, rapide, sans nantissement bancaire, mais plafonné, de durée limitée et à un taux fixé par l'assureur. Le crédit Lombard est consenti par une banque, contre nantissement du contrat : montants généralement plus élevés, taux indexé sur un indice de marché (€STR + marge, soit environ 3,2 % à 3,7 % en euro à l'été 2026), et davantage de souplesse d'usage.
En pratique : l'avance convient aux besoins modestes, ponctuels et de court terme ; le Lombard s'impose pour des montants plus importants, une ligne récurrente ou un projet structuré.
Racheter son assurance-vie pour obtenir des liquidités a deux inconvénients : cela déclenche l'imposition des gains compris dans le rachat (prélèvements sociaux à 17,2 % en 2026, éventuel impôt sur le revenu selon l'ancienneté), et cela retire définitivement des sommes de l'enveloppe, interrompant leur capitalisation et réduisant l'assiette transmissible.
L'avance comme le Lombard répondent à ce problème : ils apportent des liquidités en laissant le contrat en place. Voir aussi crédit Lombard / liquidités sans vendre et rachat après 8 ans.
L'avance est une opération prévue par le contrat lui-même : l'assureur vous met à disposition une somme, que vous vous engagez à rembourser, le contrat continuant de vivre normalement (les supports restent investis, les performances continuent de courir).
Le crédit Lombard est un prêt bancaire garanti par le nantissement du contrat (ou d'un portefeuille titres). Voir aussi nantir un portefeuille ou une assurance-vie.
Voir aussi à partir de quel patrimoine et durée et renouvellement d'une ligne Lombard.
| Critère | Avance sur contrat | Crédit Lombard |
|---|---|---|
| Qui prête | L'assureur | Une banque |
| Formalisme | Léger, rapide | Nantissement à formaliser |
| Montant | Plafonné (plus élevé sur fonds euros) | Selon la valeur de gage, souvent plus élevé |
| Taux | Fixé par l'assureur | €STR + marge négociée |
| Durée | Limitée, renouvelable | Négociée, ligne renouvelable |
| Souplesse | Ponctuelle | Ligne tirable, multi-devises possible |
| Risque spécifique | Requalification si non remboursée | Appel de marge, blocage à hauteur du gage |
Situation. Hélène détient un contrat d'assurance-vie de 900 000 €, majoritairement en fonds euros. Elle a besoin de 80 000 € pour des travaux, remboursables sous deux ans.
Analyse. Le montant est modeste et l'horizon court. Une avance répond parfaitement : mise en place rapide, contrat intact, pas de nantissement.
Variante. Si elle avait eu besoin de 400 000 € pour financer une acquisition, avec une ligne mobilisable sur plusieurs années, le crédit Lombard aurait été plus adapté.
Illustration ; les plafonds, taux et conditions dépendent du contrat et de la banque.
L'avance est consentie par l'assureur lui-même, sans nantissement, avec un plafond et une durée limités et un taux fixé par le contrat. Le crédit Lombard est un prêt bancaire garanti par le nantissement du contrat, avec des montants généralement plus élevés, un taux de marché (€STR + marge) et davantage de souplesse. Les deux évitent le rachat et son imposition.
Non, tant qu'elle conserve son caractère d'avance : elle est temporaire et destinée à être remboursée, le contrat n'étant pas racheté. En revanche, une avance qui ne serait jamais remboursée pourrait être analysée comme un rachat déguisé, avec les conséquences fiscales correspondantes.
Le plafond est exprimé en pourcentage de la valeur du contrat et dépend de sa composition : il est plus élevé sur la part investie en fonds euros que sur les unités de compte, plus volatiles. Les modalités précises figurent dans les conditions générales de votre contrat.
Cela dépend du besoin. Le Lombard permet des montants plus élevés, un taux négocié et une ligne souple, mais suppose un nantissement, un suivi de la valeur de gage et un risque d'appel de marge. L'avance est plus simple et rapide, mais plafonnée et de durée limitée. Pour un besoin modeste et court, l'avance suffit souvent.
Non, c'est leur intérêt commun : dans les deux cas, le contrat reste investi et continue de produire ses performances. Vous obtenez des liquidités sans racheter, donc sans déclencher l'imposition des gains ni réduire l'assiette qui capitalise et se transmettra.
Ce n'est pas incompatible en principe, mais cela suppose de vérifier la cohérence avec l'assureur et la banque, notamment parce que le nantissement affecte la disponibilité du contrat. En pratique, on choisit plutôt l'outil adapté à chaque besoin, quitte à utiliser l'un pour le court terme et l'autre pour une stratégie de plus long terme.