Les produits structurés sont des outils puissants — mais ils ont des contre-indications. Quatre configurations dans lesquelles, indépendamment de la qualité du produit, c'est le mauvais instrument.
Les produits structurés sont des outils puissants dans une allocation patrimoniale bien construite. Comme tous les outils puissants, ils ont des cas d'usage et des contre-indications. Voici les quatre configurations dans lesquelles un produit structuré est, indépendamment de sa qualité intrinsèque, le mauvais instrument.
Un produit structuré peut être revendu avant son terme — mais à sa valeur de marché du jour, pas à sa valeur de remboursement contractuelle. En environnement de hausse des taux ou de stress de marché, la valeur liquidative peut être significativement inférieure à votre mise initiale. La règle de base : n'investissez en produit structuré que les sommes dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin pendant toute la durée de vie maximale du produit. Si vous avez un projet immobilier dans 3 ans et que le produit peut durer 8 ans, le produit structuré est le mauvais véhicule pour cette enveloppe.
Un produit structuré est un actif illiquide à horizon déterminé, concentré sur un sous-jacent précis. Il ne doit jamais représenter plus de 15 à 25 % d'une allocation globale (selon les profils). Si votre patrimoine financier est principalement constitué de fonds en euros et que vous envisagez de placer 80 % de votre épargne disponible dans un seul produit structuré, le risque de concentration est incompatible avec une gestion patrimoniale prudente — même si le produit lui-même est bien calibré.
Souscrire un produit structuré sur l'Eurostoxx 50 parce que « c'est ce qui est proposé » sans avoir de vue sur la trajectoire probable des marchés européens à moyen terme est une erreur. Un produit structuré encode une hypothèse de marché : il est optimisé pour performer dans un scénario donné (marché stable, légèrement haussier, ou baissier selon la structure). Si votre horizon de marché est incompatible avec la logique du produit, vous n'utilisez pas l'outil correctement.
Si votre conseiller vous présente un seul produit structuré sans vous montrer les cotations comparées de plusieurs émetteurs, sans expliquer pourquoi ce sous-jacent et cette formule ont été retenus pour vous spécifiquement, et sans détailler la structure tarifaire complète — le problème n'est pas le produit structuré en tant qu'outil, c'est la démarche de distribution. Dans ce cas, le bon réflexe est de demander explicitement la mise en concurrence et le détail des coûts avant toute décision.