Par Nissim Assaraf, co-fondateur de Bethel Capital
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Capital garanti, protégé, à risque : trois niveaux de sécurité, trois rendements différents. Le décodage technique pour ne pas se tromper.
Réponse rapide — Le capital garanti assure 100 % du capital à maturité, sauf défaut de l'émetteur (rendement 1 à 3 % nets). Le capital protégé assure le capital tant qu'une barrière (60-70 % de la valeur initiale) n'est pas franchie (rendement 4 à 7 % nets). Le capital à risque n'a aucune protection et suit linéairement le sous-jacent.
Le marché des produits structurés joue beaucoup sur les mots. « Capital protégé », « capital garanti », « barrière de protection », « sécurisé » — les termes se confondent dans la communication des distributeurs alors qu'ils recouvrent des réalités fondamentalement différentes.
Un investisseur qui pense détenir un produit « protégé » mais qui a en réalité un « capital à risque avec barrière » peut perdre 30 à 50 % de son capital si la barrière est franchie.
Le capital garanti signifie que 100 % du capital est remboursé à maturité, indépendamment de la performance du sous-jacent. Engagement contractuel ferme de l'émetteur.
L'émetteur achète une obligation zéro-coupon qui assure le remboursement à maturité. Le différentiel (15 à 30 % du nominal) est utilisé pour acheter une option sur le sous-jacent, qui génère la rémunération conditionnelle.
Faible. Aujourd'hui (juin 2026), les capital garanti rendent entre 1 % et 3 % nets. C'est le prix de la sécurité absolue (modulo risque émetteur — voir notre article EMTN).
Le capital protégé signifie que le capital est remboursé tant qu'une barrière de protection n'est pas franchie (généralement 60 % à 70 % de la valeur initiale).
La barrière européenne est la plus favorable à l'investisseur. Rendement typique : 4 à 7 % nets.
Le capital à risque signifie qu'il n'y a aucun mécanisme de protection. Si le sous-jacent fait +30 %, l'investisseur gagne 30 %. S'il fait −30 %, il perd 30 %. À réserver aux investisseurs avertis avec une allocation diversifiée.
Investisseur, 200 000 € sur 6 ans, sous-jacent Eurostoxx 50. Hypothèse : indice positif 3 années sur 6.
Le capital garanti n'est garanti que par l'émetteur, pas par l'État. Si la banque émettrice fait défaut (cas Lehman 2008), le capital prétendument garanti peut être perdu. Toujours interpréter le terme « garanti » comme « garanti par X », vérifier la notation (AA− minimum), et diversifier sur 3-4 émetteurs même pour des produits garantis.
Capital garanti, capital protégé, capital à risque. Trois niveaux de sécurité fondamentalement différents. La règle d'or : ne jamais confondre les termes. « Protégé » ne veut pas dire « garanti ».
Trois principes : lire le term sheet, vérifier la solidité de l'émetteur (notation A− min, CDS surveillés), diversifier les émetteurs (3 à 5 min, jamais plus de 20 % sur un seul).
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